Cin’Elio
Depuis de nombreuses années, Elio Suhamy enthousiasme les spectateurs de Passerelles en leur présentant des grands classiques du cinéma mondial, qu’il n’est pas toujours facile de visionner aujourd’hui, surtout en VO.
Croisant les perspectives historique, artistique et cinématographique, en s’interrogeant sur la notion de “Classique”, il offre à ses auditeurs une occasion inédite de revoir ou découvrir des chefs-d'œuvres.
Cinéma - Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears, (1988)
par Elio Suhamy
Vénéneux et jouissif, comme le roman de Laclos.
Deux des plus abjects méchants du cinéma (John Malkovich, Glenn Close), des acteurs secondaires de rêve (Michelle Pfeiffer, Keanu Reeves, Uma Thurman), de superbes décors naturels en région parisienne, des dialogues étincelants : il fallait Stephen Frears pour nous embarquer dans ce récit de manipulation, de cynisme et de cruauté.
Les lettres de Valmont et Merteuil traduisent leurs pensées réelles, leurs pensées déguisées, tissant une toile où s'engluent les naïfs comme les monstres. Grâce à son english touch, Frears réussit à transmettre l'extrême subtilité de Laclos. Ah, que le diable est séduisant !
Ancien élève de la FEMIS, Elio Suhamy, a réalisé des documentaires pour Arte et France TV et participé à une trentaine de films. Il a enseigné la réalisation et l’écriture de scénarios à l’Université de Paris IV Sorbonne et à la FEMIS. Depuis 2010, il anime un atelier d’écriture et de réalisation de films courts d’animation 3D au sein de l’Institut de l’Internet et du multimédia (IIM), grande école d’animation du Pôle universitaire Léonard-de-Vinci.
Cinéma - "Partie de campagne" de Jean Renoir (1936)
Par Elio Sumahy
En 1881, Maupassant écrit une Partie de campagne…
En 1936, Jean Renoir s’en empare et réalise un moyen métrage.
Cette adaptation - qui restera un temps inachevée - semble assez fidèle à la nouvelle. En fait, si elle l’est sur le plan littéral, elle est tout à fait différente en esprit : de l’œuvre écrite, sombre et cruelle, le réalisateur fait une ode à l’amour, à la jeunesse, au déchirement et à la beauté, beaucoup plus proche de l’univers d’Auguste Renoir - père du cinéaste, dont il s’inspire largement - que de celui de l’écrivain.
Cinéma - "Captain fantastic" de Matt Ross (2016)
Par Elio Sumahy
Attention, film jouissif sur le danger d'éduquer soi-même ses enfants en pleine nature ! La confrontation avec la civilisation se révèlera pleine de surprises. Quand l'anticonformisme glisse vers une forme de totalitarisme...
Avec son apparence baba cool, un film beaucoup plus malin et retors qu'il n'y paraît.
Cinéma - La Vague, (Die Welle) de Dennis Gansel, (2008)
Par Elio Sumahy
En Allemagne aujourd’hui, un professeur de philosophie veut montrer à ses élèves que chacun peut, à sa manière, contribuer à la venue d’une dictature.
Ce qui est d’abord un jeu glisse vers le cauchemar.
Brillant, inventif, d’une modernité glaçante en cette année où tout bascule dans nos certitudes.
Cinéma - Furie, (Fury) film de Fritz Lang (1936) avec Spencer Tracy et Sylvia Sidney
Par Elio Sumahy
Dans une petite ville du Middle-west, un brave homme est arrêté par la police, accusé d'avoir enlevé une fillette. Les "honnêtes citoyens" font le siège de la prison et organisent un lynchage...
Un film magistral sur la bêtise meurtrière de la foule et sur la dilution de responsabilité dans les crimes collectifs. Lang, qui venait de quitter l'Allemagne nazie, savait de quoi il parlait.
Un film qui résonne étrangement si on songe à l'Amérique d'aujourd'hui.
« Rio Bravo » de 1959, de Howard Hawks
Un shérif taciturne (John Wayne), secondé par un alcoolique (Dean Martin), un vieil infirme (Walter Brennan) et un jeunot insolent (Ricky Nelson), affronte la vengeance d'un riche propriétaire dont le frère est en prison. Sur ce thème rebattu, Hawks propose LE western archétypal, avec ses thèmes fétiches : l'amitié et la rédemption, et résume 60 ans d'histoire du western. Nulle cavalcade, peu d'actions (mais quand il y en a, quelles scènes sublimes !), de la musique, de l'humour, de la simple joie d'être là, ensemble. Un régal.
Ancien élève de la FEMIS, Elio Suhamy, a réalisé des documentaires pour Arte et France TV et participé à une trentaine de films.
Il enseigne la réalisation et l’écriture de scénarios à l’Université de Paris IV Sorbonne et à la FEMIS.
Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath, John Ford, 1940)
Cycle : "Pourquoi est-ce un classique ?"
Par sa narration déstructurée et complexe ?
Par ses trouvailles techniques ? Par l’incroyable performance d’Orson Welles, qui interprète le personnage principal depuis sa jeunesse jusqu’à son extrême vieillesse ?
Tout à la fois, bien sûr. Mais surtout par la façon dont Welles reprend les leçons de ses maîtres (Ford, Murnau, Griffith) et insuffle une fantaisie, une inventivité de chaque instant. Citizen Kane signe l’acte de naissance du cinéma moderne.
La Mort aux trousses (North by Northwest, Alfred Hitchcock, 1959)"
Cycle : "Pourquoi est-ce un classique ?
Dans l’Amérique de la Grande Dépression, une famille miséreuse quitte l’Oklahoma sur un camion brinquebalant. Direction la Terre Promise : la Californie.
Notre deuxième “classique” va à la rencontre du plus humain et du plus oscarisé des grands cinéastes: John Ford. Personnages attachants et complexes, interprétation parfaite, élégance subtile de la mise en scène. Après Welles l’extraverti spectaculaire, voici Ford, pudique et attentif au désespoir de l’humanité.
Quand on lui demandait qui étaient les trois plus grands cinéastes, Welles répondait : “Ford, Ford et Ford”.
Les Temps modernes (Modern Times, Charlie Chaplin, 1936)
Cycle : "Pourquoi est-ce un classique ?"
Par sa narration déstructurée et complexe ?
Par ses trouvailles techniques ? Par l’incroyable performance d’Orson Welles, qui interprète le personnage principal depuis sa jeunesse jusqu’à son extrême vieillesse ?
Tout à la fois, bien sûr. Mais surtout par la façon dont Welles reprend les leçons de ses maîtres (Ford, Murnau, Griffith) et insuffle une fantaisie, une inventivité de chaque instant. Citizen Kane signe l’acte de naissance du cinéma moderne.
Citizen Kane (Orson Welles, 1941)
Cycle : "Pourquoi est-ce un classique ?"
Dans l’Amérique de la Grande Dépression, une famille miséreuse quitte l’Oklahoma sur un camion brinquebalant.
Direction la Terre Promise : la Californie.
Notre deuxième “classique” va à la rencontre du plus humain et du plus oscarisé des grands cinéastes: John Ford.
Personnages attachants et complexes, interprétation parfaite, élégance subtile de la mise en scène. Après Welles l’extraverti spectaculaire, voici Ford, pudique et attentif au désespoir de l’humanité.
Quand on lui demandait qui étaient les trois plus grands cinéastes, Welles répondait : “Ford, Ford et Ford”.